Violence et rapport social dans le milieu urbain haïtien : les cas de Cité Soleil et de Martissant, 2004-2012

Jean Baptiste, Emerson (2017). « Violence et rapport social dans le milieu urbain haïtien : les cas de Cité Soleil et de Martissant, 2004-2012 » Thèse. Montréal (Québec, Canada), Université du Québec à Montréal, Doctorat en sociologie.

Fichier(s) associé(s) à ce document :
[img]
Prévisualisation
PDF
Télécharger (28MB)

Résumé

Cette étude vise la compréhension du phénomène de violence urbaine en Haïti, notamment à Cité Soleil et Martissant, aux travers des systèmes de représention, des pratiques sociales et des connaissances sociales. Certes, d'autres chercheurs, avant nous, ont tenté d'expliquer ce phénomène, mais il apparaît qu'en dépit de leurs efforts, celui-ci reste une énigme. Nous assistons à une recrudescence du cycle de violence, à laquelle les acteurs locaux et internationaux tentent de donner une réponse. Force est de constater que les remèdes proposés n'ont, en rien, résolu le problème. C'est ainsi que nous nous proposons de nous ajouter à la liste de ceux qui cherchent à expliquer la situation. Pour ce faire, nous partons de l'idée que si nous abordons ce phénomène sous l'angle des rapports sociaux dans le milieu urbain, nous pourrons contribuer à en faire avancer la compréhension. Après l'inventaire des écrits sur cette violence en lien avec le contexte à la fois régional et mondial, nous sommes amenés à poser les questions suivantes et l'hypothèse qui en découle. Questions : 1) Quels sont les traits caractéristiques du phénomène (contexte, conditions, causes)? 2) Quels sont les types ou catégories de violence? 3) Qui sont les acteurs de la violence? 4) Comment les acteurs donnent-ils sens à la situation? Hypothèses : 1) La violence urbaine en Haïti est un phénomène complexe dont les explications sont multiples. 2) La compréhension de la violence dans les quartiers de Cité Soleil et de Martissant exige : i) la prise en compte d'un contexte mondial et d'un contexte local ; ii) la prise en compte du point de vue des sujets (victimes et acteurs), en fonction de la typologie. Pour répondre à ces questions et faire la lumière sur l'hypothèse, nous avons combiné les approches de recherche déductive et inductive, puis nous avons associé les stratégies d'analyse causale et interactionniste. Ces approches se déploient à la fois dans une triple typologie et dans chacune des catégories discursives de la violence que nous avons identifiées. Les stratégies d'analyse s'appliquent particulièrement à l'aspect inductif de la recherche, lequel aspect a mis à contribution les vingt-trois témoignages des acteurs sociaux, politiques, ainsi que des données secondaires, y compris les observations de terrain, pendant une durée de six mois environ. Mais, avant d'y arriver, nous avons construit un cadre référentiel. Ce dernier consiste en une définition générale de la violence en insistant sur la violence instrumentale, destructrice et fondatrice. Cependant, après le travail de terrain, et à la lumière de nos résultats, nous avons renforcé nos référents théoriques. Ce phénomène de violence en Haïti, principalement à Martissant et à Cité Soleil, attire l'attention, mais les fins qu'elle poursuit échappent souvent à l'intelligence. Ses causes relèvent à la fois de la crise institutionnelle, de la pauvreté et de la frustration. La première renvoie à l'irrationalité policière, à l'affaiblissement du système judiciaire, à l'absence de projet politique et à l'État voyou. La pauvreté nous renvoie au chômage, à la compétition pour les ressources disponibles, à la différenciation des populations et à l'exclusion. La frustration est caractérisée par la stigmatisation et le mépris, par la précarité et la misère, et par un système d'éducation à deux vitesses. Ainsi, cette violence se manifeste sous des formes multiples, dont les plus pertinentes sont : instrumentale, destructrice, et fondatrice/réparatrice. Instrumentale, parce qu'elle sert de moyen pour toutes les classes sociales, voire même des individus ou des groupes pour atteindre leurs objectifs politiques, économiques et sociaux. Elle est destructrice en raison de ses impacts corporels et psychiques sur l'ensemble des citoyens et notamment sur les victimes directes de cette violence. La violence est fondatrice/réparatrice, parce qu'elle comporte des motivations qui visent à attirer l'attention des décideurs politiques et/ou l'ensemble des secteurs vers de nouveaux droits sociaux. Bref, elle est un moyen de restructuration sociale. Ce phénomène de violence en Haïti nous amène à la conclusion selon laquelle deux valeurs de justice s'affrontent dans cette société, à savoir l'égalité collective et l'égalité individuelle, sans qu'aucune d'elle ne s'impose ou arrive à cohabiter avec l'autre. ______________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : violence urbaine, violence instrumentale, violence destructrice, violence fondatrice/réparatrice, égalité universaliste, égalité individualiste.

Type: Thèse ou essai doctoral accepté ()
Informations complémentaires: La thèse a été numérisée telle que transmise par l'auteur.
Directeur de thèse: Jacob, Louis
Mots-clés ou Sujets: Violence urbaine -- Aspect social -- Haïti -- 21e siècle / Égalité (Sociologie) / Bidonvilles -- Port-au-Prince
Unité d'appartenance: Faculté des sciences humaines > Département de sociologie
Déposé par: Service des bibliothèques
Date de dépôt: 30 août 2017 09:58
Dernière modification: 30 août 2017 09:58
Adresse URL : http://www.archipel.uqam.ca/id/eprint/10091

Statistiques

Voir les statistiques sur cinq ans...