Les benzodiazépines chez les personnes âgées : qui arrête, avec quelles conséquences et quelles sont les implications sur la façon dont nous pensons les traitements ?

Allary, Arnaud (2025). « Les benzodiazépines chez les personnes âgées : qui arrête, avec quelles conséquences et quelles sont les implications sur la façon dont nous pensons les traitements ? » Thèse. Montréal (Québec), Université du Québec à Montréal, Doctorat en psychologie.

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Résumé

La consommation de benzodiazépines (BZDs) est un enjeu majeur chez les personnes âgées. Celle-ci est associée à de nombreuses conséquences psychologiques, sociales, cognitives et physiques, dont certaines peuvent être irréversibles. Malgré la présence de lignes directrices de plus en plus strictes qui visent à en restreindre l’utilisation, les BZDs continuent d’être surprescrites dans des contextes inappropriés. Cette molécule est présente dans notre société depuis une soixantaine d’années, pourtant, de nombreuses zones d’ombre existent encore dans la compréhension de son impact à long terme et dans la gestion du sevrage. Cette thèse tente de combler une partie de ces points aveugles. Le but est ici de permettre aux personnes âgées d’être mieux accompagnées dans le sevrage et de faciliter leurs décisions face à la consommation des BZDs. Le but est aussi de mieux outiller les professionnels qui accompagnent celles-ci dans ce processus et de proposer certaines réflexions en ce qui a trait aux soins des personnes âgées. Le premier chapitre fait un tour d’horizon de la littérature scientifique, afin d’établir les connaissances déjà recueillies sur le sujet. Les objectifs et les hypothèses y sont également explicités. Le second chapitre est constitué du premier article de cette thèse (publié dans la revue Addictive Behaviors). Cet article a pour but de répondre à la question: « Qui arrête ? », c’est-à-dire, de mieux connaitre les facteurs psychologiques qui permettent aux personnes âgées de réussir leur sevrage. Cinq variables sont ciblées pour répondre à cette question, soit : le sentiment de compétence face au sevrage, l’intensité des inquiétudes, le soutien social, la qualité globale du sommeil et l’intensité des symptômes dépressifs. Pour ce chapitre, nous utilisons les données d’une étude plus large, un essai randomisé contrôlé qui a pour but de tester le Programme d’Aide au Succès du Sevrage (PASSE-60+). Dans le cadre de celui-ci, soixante-treize participants âgés de 60 ans et plus ont été recrutés et ont suivi un programme de sevrage. Il y a eu quatre temps de mesure différents; avant le sevrage (T1), après le sevrage (T2), trois mois après le sevrage (T3) et 12 mois après le sevrage (T4). Dans nos résultats, la satisfaction du soutien social a prédit le sevrage à court (T2) et long terme (T4). Le sentiment de compétence face au sevrage et le niveau de dépression ont prédit le sevrage à long terme (T4). L’intensité des symptômes dépressifs a prédit le sevrage d’une façon contre-intuitive; plus celle-ci était élevée, plus les participants réussissaient à se sevrer. Les analyses ont également permis d’établir que nos variables contrôle pharmacologiques (dose et nombre d’années d’utilisation) étaient de bonnes variables prédictives à court terme, mais qu’à long terme, les variables psychologiques constituaient de meilleurs prédicteurs. Le troisième chapitre, constitué du second article (publié cette fois-ci dans la revue Aging and mental health), a pour but de répondre à la question : « Avec quelles conséquences ? », c’est-à-dire de mieux comprendre les impacts à court, moyen et long terme du sevrage. Les mêmes participants et les mêmes temps de mesure sont utilisés dans cette étude que dans la précédente. Les variables étudiées sont cette fois-ci : l’intensité des inquiétudes, la qualité globale du sommeil et l’intensité des symptômes dépressifs. Pour ce qui est de nos résultats, à court terme (T2), le sevrage a eu un impact négatif sur le sommeil, mais celui-ci s’est résorbé et n’était plus significatif à moyen (T3) et long terme (T4). Aucun impact n’a été mesuré sur les inquiétudes à court (T2), moyen (T3) ou long terme (T4). À long terme, le sevrage a eu un impact positif sur l’intensité des symptômes dépressifs. Le quatrième chapitre est constitué d’une discussion générale qui a pour but d’interpréter les différents résultats, de les relier à la littérature scientifique et, ultimement, d’amener des réflexions sur la façon dont nous pensons les programmes de sevrage et les traitements en santé mentale des personnes âgées. Cette discussion établit également les limites de cette recherche doctorale ainsi que diverses pistes pour les recherches futures. _____________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : personnes âgées, benzodiazépines, sentiment de compétence, sevrage, soutien social, sommeil, inquiétudes, dépression, surmédicalisation

Type: Thèse ou essai doctoral accepté
Informations complémentaires: Fichier numérique reçu et enrichi en format PDF/A.
Directeur de thèse: Bélanger, Claude
Mots-clés ou Sujets: Usage des médicaments chez les personnes âgées / Benzodiazépines / Sevrage
Unité d'appartenance: Faculté des sciences humaines > Département de psychologie
Déposé par: Service des bibliothèques
Date de dépôt: 06 août 2025 08:59
Dernière modification: 09 mars 2026 15:14
Adresse URL : https://archipel.uqam.ca/secure/id/eprint/18971

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