Démonstration de la nature mythologique de la figure du roi Arthur (VIe-XIIe siècles)

Pigeon, Geneviève (2012). « Démonstration de la nature mythologique de la figure du roi Arthur (VIe-XIIe siècles) » Thèse. Montréal (Québec, Canada), Université du Québec à Montréal, Doctorat en sciences des religions.

Fichier(s) associé(s) à ce document :
[img]
Prévisualisation
PDF
Télécharger (18MB)

Résumé

Notre travail de recherche en sciences des religions veut démontrer que la figure du roi Arthur, telle qu'elle se manifeste en Grande-Bretagne entre les VIe et XIIe siècles, répond aux exigences théoriques du mythe. Afin de bien cerner les principaux enjeux impliqués par une telle démarche, l'analyse a été partagée en trois grandes parties, ou chapitres. Cette division permet d'aborder en premier lieu la question des sources écrites accessibles aux chercheurs arthuriens pour la période et l'espace géographique concernés, soit : De Excidio et Conquestu Britanniae de Gildas (v. 540) ; Historia ecclesiastica gentis Anglorum de Bède (v. 731); Historia Brittonum du pseudo-Nennius (v. 830) ; Historia Regum Britanniae de Geoffroy de Monmouth (v. 1135-1138). La démarche s'attache ensuite à une étude de la royauté occidentale (France et Grande-Bretagne) guidée par les catégories proposées par H. Martin dans Mentalités médiévales (1996), de même qu'à une réflexion portant sur le « déplacement du sacré » qui s'opère, au détriment de la royauté traditionnelle et au profit de l'Église de Rome. Le travail amorcé se concrétise en troisième chapitre grâce à une définition du mythe inspirée notamment par les travaux de M. Eliade, G. Durand (Pérennité, dérivations et usure du mythe, 1996) et P. Berger et T. Luckmann (La construction sociale de la réalité, 1996), qui est suivie de la démonstration de la nature mythique de la figure royale arthurienne. Notre réflexion pluridisciplinaire, située à la frontière de différentes juridictions théoriques, permet de redistribuer et d'agencer autrement les morceaux de la fascinante énigme qu'est le mythe arthurien pour en proposer une interprétation qui, si elle ne répond pas à toutes les questions, aura au moins le mérite de faire dialoguer les solitudes disciplinaires. L'approche suggérée par ce travail est unique dans la mesure où le sujet central, soit la figure du roi Arthur, est étudié dans ses dimensions synchronique et diachronique dans les domaines de l'écrit, du politique et du religieux. Or, les ouvrages qui sont consacrés au roi Arthur voient en ce personnage un fait historique, folklorique ou légendaire, passant sous silence une grande partie de sa valeur mythologique. Il nous semble pourtant que les connaissances disponibles au sujet de ce personnage nous permettent de le voir autrement que comme un remarquable outil de propagande, ou qu'un personnage légendaire grandiose. Arthur est plus que ce morceau de puzzle judicieusement utilisé par les grands du XIIe siècle ; il est une construction mythologique complexe, élaborée pendant plus de sept siècles. Nous acceptons d'emblée les démonstrations et les conclusions des auteurs qui nous ont précédés dans les dernières années en ce qui concerne l'utilisation de la figure arthurienne dans la propagande idéologique de la dynastie des Plantagenêts (rois d'Angleterre, 1128-1485), et plus particulièrement celles d'A. Chauou dans L'idéologie Plantagenêt (2001). Nous croyons cependant qu'une étude de la construction du mythe est essentielle au débat, et cette analyse doit forcément se situer en amont de l'explosion de la matière de Bretagne sur la scène littéraire française au XIIe siècle. À l'issue de ce travail, il est démontré que la figure du roi Arthur, telle qu'elle se manifeste dans les textes de Gildas, de Bède, du pseudo-Nennius et de Geoffroy de Monnouth, répond bien aux exigences paradigmatiques du mythe. Plus précisément, notre recherche montre comment, confrontés à des pouvoirs centralisateurs venus de l'extérieur (les Anglo-Saxons, les Danois), les Bretons trouvent dans la figure royale arthurienne un continuum qui rassure, guide, explique et réconforte. Leur faiblesse militaire et stratégique est en quelque sorte rachetée par ce roi « historique », dont les qualités indéniables jettent de l'ombre sur les rois des peuples ennemis. C'est donc en se nourrissant du langage et des fonctions symboliques de la royauté occidentale que la figure arthurienne maintient son efficacité paradigmatique, demeurant « présente » et signifiante malgré les siècles qui passent. ______________________________________________________________________________

Type: Thèse ou essai doctoral accepté ()
Informations complémentaires: La thèse a été numérisée telle que transmise par l'auteur
Directeur de thèse: Pierre, Jacques
Mots-clés ou Sujets: Arthur roi, Moyen Âge, Mythe, Mythologie, Personnage légendaire, Grande-Bretagne
Unité d'appartenance: Faculté des sciences humaines > Département de sciences des religions
Déposé par: Service des bibliothèques
Date de dépôt: 24 sept. 2012 13:00
Dernière modification: 01 nov. 2014 02:23
Adresse URL : http://www.archipel.uqam.ca/id/eprint/4898

Statistiques

Voir les statistiques sur cinq ans...