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Richard Powers et les technologies de la représentation. Des vices littéraires et de quelques frontières

Gervais, Bertrand (2006). « Richard Powers et les technologies de la représentation. Des vices littéraires et de quelques frontières ». Alliage. Culture, science, technique, vol. 57-58, p. 226-237.

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Résumé

Internet est une base de données multiforme, décentralisée, dynamique et en pleine expansion. Une structure de données capable de phagocyter tout ce que l’humanité a pu produire jusqu’ici. Tout est en voie de numérisation. La perspective a même quelque chose d’effrayant. Mais une machine est-elle capable, à l’heure actuelle, de s’emparer de cette masse de données et de la traiter afin d’en constituer des récits? Cette question, la nouvelle de Richard Powers, « Literacy Devices », parue à l’hiver 2002, lui donne un tour nouveau, mettant en scène une situation à la limite du possible jouant sur l’indétermination du statut des textes en contexte d’hypertextualité et de cyberculture. Par la réalité à peine anticipée du générateur de récits qu’elle met en scène, par les multiples effets de réel utilisés qui brouillent les lignes de démarcation entre la science et la fiction, la fable de Richard Powers est d’une extraordinaire efficacité. J’en décrirai les principaux procédés littéraires, montrant ce faisant qu’un médium aussi vieux et usé que peut l’être la littérature parvient parfois à se faire plus convaincant que le plus sophistiqué des logiciels. Comme le dit Powers, « Notre rêve d’un nouvel outil nous amène à croire que la prochaine invention nous donnera une meilleure image du monde, plus pleine, plus riche, plus précise aussi et immédiate, quand c’est l’opposé qui se produit. La télévision n’améliore pas l’efficacité de la radio, la photographie, celle de la peinture. Plus le médium est sophistiqué, plus le degré de médiation est élevé. »

Type de document : Article/revue scientifique
Évaluation par des pairs : Oui
État du document : Publié
Groupe de recherche : NT2/Figura, le centre de recherche sur le texte et l'imaginaire
Mots-clés : Richard Powers, représentation, Internet, générateur de texte, littérature
Unité d'appartenance : Faculté des arts > Département d'études littéraires
Code ID : 571
Déposé par : Bertrand Gervais
Déposé le : 18 févr. 2008
Dernière modification : 20 avr. 2009 10:29

Références bibliographiques

De Kerckhove, Derrick, « Penser le texte de la cyberculture », Hypertextes. Espaces virtuels de lecture et d'écriture, Christian Vandendorpe et Denis Bachand, éds., Québec, Éditions Nota bene, collection Littérature(s), 2002, pp. 43-54.

Gervais, Bertrand, À l’écoute de la lecture, Montréal, VLB éditeur, 1993.

Goux, Jean Joseph, Œdipe philosophe, Paris, Aubier, 1990.

Monfort, Nick et Noah Wardrip-Fruin, éds., The New Media Reader, MIT Press, 2003.

Murray, Janet H., Hamlet on the Holodeck. The Future of Narrative in Cyberspace, MIT Press, 1998.

Powers, Richard, « Literary Devices », Zoetrope All Story, hiver 2003, vol 6, no 4, pp. 9-15.

Powers, Richard, « Being and Seeming : the Technology of Representation », Context A Forum for Literary Arts and Culture, no 3, www.centerforbookculture.org/no3/powers.html.

Powers, Richard, Galatea 2.2, Londres, Abacus, 1995.

Saint-Gelais, Richard, L’empire du pseudo. Modernités de la science-fiction, Québec, Éditions Nota bene, 1999.

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