Changement de langue, changement de voix? : une étude comparative de l'effet du statut des langues anglaise et française au Québec sur la prosodie de la voix de locuteurs bilingues

C. Rousseau, Marilène (2013). « Changement de langue, changement de voix? : une étude comparative de l'effet du statut des langues anglaise et française au Québec sur la prosodie de la voix de locuteurs bilingues » Mémoire. Montréal (Québec, Canada), Université du Québec à Montréal, Maîtrise en linguistique.

Fichier(s) associé(s) à ce document :
[img]
Prévisualisation
PDF
Télécharger (13MB)

Résumé

Plusieurs études ont démontré que la voix basse et étendue est perçue, à l'audition, comme appartenant à des personnes plus dominantes (Mallory et Miller, 1958; van Bezooijen, 1988; Puts et al., 2006; Hodges-Simeon, Gaulin et Puts, 2010) et attirantes (Oguchi et Kikuchi, 1997; Collins, 2000; Feinberg et al., 2005; Hodges-Simeon, Gaulin et Puts, 2010). De plus, selon les résultats de l'étude de Demers (2003), les individus de groupes socioprofessionnels élevés possèdent une voix plus basse et plus étendue que ceux de groupes socioprofessionnels faibles. Il existerait donc un type de voix associé à la dominance sociale. Dans la présente étude, nous nous sommes demandés si le phénomène de la dominance sociale pouvait se refléter dans la vo ix d'individus parlant des langues qui coexistent sur un même territoire et qui se trouvent dans un rapport d'opposition. Plus particulièrement, nous nous sommes intéressés à la situation linguistique de la province du Québec, dans laquelle les langues française et anglaise cohabitent. Nous avons cherché à observer si, d'une part, la perception envers chacune des langues était différente chez des Québécois bilingues et, le cas échéant, si la perception différente des langues avait une incidence sur la hauteur et sur l'étendue de la voix de ces personnes bilingues. Pour ce faire, nous avons recruté dix femmes et six hommes québécois bilingues de naissance, auxquels nous avons fait passer un test de perception (en utilisant la méthode des faux-couples de Lambert et al. (1960)) et auxquels nous avons fait lire un court texte et décrire une image (nous avons procédé à une analyse acoustique des enregistrements afin de mesurer la hauteur et l'étendue moyennes de la voix de chaque locuteur). Nos résultats ont confirmé que la perception du français différait de celle de l'anglais, mais en ce qui a trait aux voix de femmes seulement. Ainsi, les participants perçoivent plus favorablement les voix féminines en français. De plus, les voix féminines en français ont reçu une meilleure évaluation que les voix masculines en français. Toutefois, nous n'avons trouvé aucune différence statistiquement significative entre les enregistrements en français et ceux en anglais du point de vue de la hauteur et de l'étendue de la voix. Ainsi, bien qu'ils aient une perception différente du français et de l'anglais, nos participants bilingues n'adoptent pas des comportements linguistiques différents dans l'une et l'autre de ces langues. La petite taille de notre échantillon de participants ne nous permet pas, toutefois, de généraliser nos résultats à l'ensemble de la population québécoise. ______________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : perception phonétique, bilinguisme, fréquence fondamentale, prosodie, identité linguistique québécoise, anglophone, francophone.

Type: Mémoire accepté
Informations complémentaires: Le mémoire a été numérisé tel que transmis par l'auteur
Directeur de thèse: Ménard, Lucie
Mots-clés ou Sujets: Anglophone, Francophone, Bilinguisme, Identité linguistique, Perception, Phonétique, Prosodie, Québécois, Voix, Québec (Province)
Unité d'appartenance: Faculté des sciences humaines > Département de linguistique
Déposé par: Service des bibliothèques
Date de dépôt: 18 août 2014 20:33
Dernière modification: 01 nov. 2014 02:28
Adresse URL : http://www.archipel.uqam.ca/id/eprint/6065

Statistiques

Voir les statistiques sur cinq ans...