La parole en déroute : défaut du langage et représentation dans Madame Bovary et L'Éducation sentimentale de Gustave Flaubert

Cloutier, Phillippe (2015). « La parole en déroute : défaut du langage et représentation dans Madame Bovary et L'Éducation sentimentale de Gustave Flaubert » Mémoire. Montréal (Québec, Canada), Université du Québec à Montréal, Maîtrise en études littéraires.

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Résumé

« L'idée et les mots me manquent. Je n'ai que le sentiment. » (Flaubert, 1973, p. 301). « À chaque ligne, à chaque mot, la langue me manque. » (Flaubert, 1973, p. 845). Qu'il écrive à sa maîtresse ou à son ami Feydeau, à propos d'un dialogue de Madame Bovary ou de la description du brûlant désert africain de son roman carthaginois, Flaubert apparaît constamment en butte aux insuffisances du langage. Cela va d'ailleurs beaucoup plus loin et plus profond que ce qu'en laisse deviner la plainte récurrente touchant « les affres de I'Art » (Flaubert, 1973, p. 453, souligné par l'auteur). Gustave Flaubert entre en littérature après que la Révolution française et la démocratisation de la parole ont fait sauter les verrous imaginaires qui avaient jusque-là assuré la pérennité du mythe de la « clarté française ». Une nouvelle situation épistémologique se dessine dans l'univers linguistique et littéraire français : « à un langage comme signe et fonction, véhicule d'objets et de pensée, succède un langage devenu objet de pensée lui-même : les mots alors ne sont plus si sûrs, et du même coup le monde non plus » (Matignon, 1960, p. 87). Flaubert, le premier, a pris la mesure de cette « problématique du langage » (Barthes, 1972 [1953], p. 8) dont Roland Barthes suggère qu'elle est au cœur de la modernité littéraire. Dans l'œuvre flaubertienne, cette problématique se manifeste notamment à travers l'aphasie symbolique du personnage romanesque, c'est-à-dire par son impuissance à atteindre à une pleine assomption énonciative ; cela, aussi bien en raison de l'insuffisance ontologique de la langue elle-même que du travail négatif de la voix doxique se manifestant au cœur de toute énonciation singulière. Le roman flaubertien met ainsi ouvertement en cause la transparence du langage et de la communication ; la parole, en effet, y figurant toujours peu ou prou comme l'ombre portée d'un Autre. Il s'agit de montrer ici de quelle manière l'écrivain Flaubert lui-même compose avec les limites inhérentes au langage, mais encore quelles solutions poétiques et esthétiques il choisit de privilégier pour en rendre compte. Madame Bovary et L'Éducation sentimentale sont les romans que nous avons retenus pour conduire notre étude. Notons qu'une place importante est réservée à l'analyse du discours muet de l'intériorité chez les personnages principaux, nommément Emma Bovary et Frédéric Moreau ; nous tenterons ainsi d'établir si cette « parole intérieure », pour reprendre le mot de Victor Émile Egger (1881), offre ou non les conditions de possibilité susceptibles de permettre aux personnages d'échapper à l'aliénation langagière commune. ______________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Gustave Flaubert, Madame Bovary, L'Éducation sentimentale, Langage, Silence, Doxa

Type: Mémoire accepté
Informations complémentaires: Le mémoire a été numérisé tel que transmis par l'auteur.
Directeur de thèse: Cliche, Anne Élaine
Mots-clés ou Sujets: Flaubert, Gustave, 1821-1880 -- Critique et interprétation / Madame Bovary / L'éducation sentimentale / Communication dans la littérature / Langage et langues dans la littérature / Parole dans la littérature / Silence dans la littérature
Unité d'appartenance: Faculté des arts > Département d'études littéraires
Déposé par: Service des bibliothèques
Date de dépôt: 09 déc. 2015 20:59
Dernière modification: 09 déc. 2015 20:59
Adresse URL : http://www.archipel.uqam.ca/id/eprint/7523

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