Cognition et qualité de vie dans la sclérose en plaques

Demers, Mélanie (2016). « Cognition et qualité de vie dans la sclérose en plaques » Thèse. Montréal (Québec, Canada), Université du Québec à Montréal, Doctorat en psychologie.

Fichier(s) associé(s) à ce document :
[img]
Prévisualisation
PDF
Télécharger (7MB)

Résumé

La sclérose en plaques (SEP) est une maladie neurodégénérative qui peut avoir des répercussions sensorimotrices évidentes. Il est aussi maintenant bien documenté que le profil cognitif peut également être altéré par cette pathologie. Différentes fonctions cognitives peuvent être touchées de manière hétérogène, notamment la vitesse de traitement de l'information, la mémoire, l'attention et le fonctionnement exécutif. L'évaluation neuropsychologique exhaustive sert à bien documenter l'atteinte cognitive présente. Or, puisque ce genre d'évaluation peut nécessiter plusieurs heures, il est courant d'employer dans les cliniques de SEP des questionnaires de dépistage se basant sur une appréciation subjective de la présence ou non de troubles cognitifs. Toutefois, certaines études suggèrent que l'évaluation subjective des troubles cognitifs, ne constitue pas le reflet juste de l'atteinte cognitive. En effet, certains auteurs rapportent que les patients sous-estiment leurs capacités cognitives alors que d'autres suggèrent plutôt une surestimation de ces mêmes capacités. Compte tenu des différentes atteintes que peut engendrer la SEP, il est aussi peu surprenant que la qualité de vie (QV) en soit affectée. En effet, on retrouve bon nombre d'études qui documentent l'impact de la maladie sur la QV. Différents facteurs permettent d'expliquer cette diminution de la QV, notamment les symptômes sensorimoteurs et dépressifs, mais aussi le statut cognitif. Bien que plusieurs auteurs se soient intéressés à l'évaluation subjective de la cognition et de la QV, l'impact de la sévérité de l'atteinte cognitive sur ces deux variables reste très peu documenté, voire aucunement. Cette thèse vise donc à documenter l'impact de la sévérité de l'atteinte cognitive, d'une part sur l'estimation subjective des troubles de mémoire et d'autre part sur l'estimation de la QV. Pour la première étude, 30 patients avec SEP ont été comparés à 24 témoins sans atteinte neurologique sur une mesure subjective de plaintes mnésiques (Prospective and Retrospective Memory Questionnaire, PRMQ) et différentes tâches psychométriques, dont le Rey Auditory Verbal Learning Test (RAVLT). Les tâches psychométriques ont aussi servi à départager les patients selon la sévérité de leur atteinte cognitive (légère et modérée/sévère). Les résultats montrent que les patients avec une atteinte modérée/sévère obtiennent des résultats significativement inférieurs à ceux des deux autres groupes sur la tâche mnésique objective (RAVLT), alors qu'ils obtiennent des scores similaires aux témoins au questionnaire subjectif (PRMQ). En revanche, le groupe de patients avec une atteinte cognitive légère ne se distingue pas significativement des contrôles sur la tâche RAVLT, mais rapportent pourtant plus de plaintes au PRMQ. Cette étude explique donc la disparité des résultats dans la littérature scientifique quant à l'évaluation subjective des compétences cognitives. En effet, les patients avec une atteinte cognitive légère tendent à sous-estimer leurs capacités mnésiques alors que les patients avec une atteinte modérée/sévère surestiment ces mêmes habiletés. Pour la seconde étude, 56 patients avec SEP ont été comparés à 189 contrôles sans atteinte neurologique sur un questionnaire de QV (Inventaire Systémique de Qualité de Vie, ISQV). Une batterie de tests psychométriques a aussi servi à départager le groupe SEP selon leur degré d'atteinte cognitive (légère et modérée/sévère). Les résultats montrent une différence entre les groupes SEP et témoins sur différentes sphères de QV dont la QV globale, l'entretien ménager, le travail et la cognition. Une fois de plus, les résultats doivent être modulés en fonction de la sévérité de l'atteinte cognitive : les patients avec SEP avec une atteinte modérée/sévère se distinguent des contrôles pour les indices QV globale, entretien ménager et travail, mais pas pour l'indice cognition. En revanche, les patients avec une atteinte légère se distinguent des contrôles uniquement pour l'indice cognition. Ces résultats mettent donc en évidence la contribution de la sévérité de l'atteinte cognitive quant à l'estimation de la QV chez les patients avec SEP. L'impact sur la QV est présent pour les deux groupes, mais n'affecte pas les mêmes sphères chez les patients avec une atteinte modérée/sévère que chez les patients avec une atteinte légère. Ces deux études soulignent donc l'impact déterminant de la sévérité de l'atteinte cognitive tant sur l'évaluation subjective des habiletés cognitives (ici plus particulièrement la mémoire) que sur la satisfaction de la QV. Globalement, on retient que l'estimation subjective ne représente pas le reflet réel des compétences et que l'estimation de la QV est différente pour les deux groupes comparativement aux témoins. ______________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : sclérose en plaques, cognition, qualité de vie, évaluation subjective

Type: Thèse ou essai doctoral accepté ()
Informations complémentaires: La thèse a été numérisée telle que transmise par l'auteur.
Directeur de thèse: Achim, André
Mots-clés ou Sujets: Sclérose en plaques / Sclérose en plaques -- Patients -- Attitudes / Qualité de la vie / Cognition / Troubles de la mémoire
Unité d'appartenance: Faculté des sciences humaines > Département de psychologie
Déposé par: Service des bibliothèques
Date de dépôt: 08 sept. 2016 18:33
Dernière modification: 08 sept. 2016 18:33
Adresse URL : http://www.archipel.uqam.ca/id/eprint/8835

Statistiques

Voir les statistiques sur cinq ans...