Étude de la relation à la substance chez le toxicomane : réflexions métapsychologiques sur le lien à l'objet-drogue

Filion, Béatrice (2016). « Étude de la relation à la substance chez le toxicomane : réflexions métapsychologiques sur le lien à l'objet-drogue » Thèse. Montréal, Québec, Université du Québec à Montréal, Doctorat en psychologie.

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Résumé

Cet essai est une réflexion sur la relation qu'entretient le sujet toxicomane avec la substance psychoactive qu'il consomme et la fonction de celle-ci. Il s'agit d'une élaboration d'un modèle théorique permettant de répondre aux questions suivantes : peut-on trouver dans la relation que le toxicomane vit avec sa substance un équivalent de relation d'objet qui viserait à y trouver les fonctions psychiques ayant fait défaut avec les objets primaires? Le cas échéant, quelles sont les fonctions psychiques qui sont remplies par cet objet-drogue? La relation à la substance est comprise comme une recherche de support externe, permettant l'incorporation de fonctions psychiques déficitaires par la relation à un objet substitut (Ourly, 1977; Femandez & Catteeuw, 2005; McDougall, 1978). Deux sujets ont été rencontrés lors de cinq entrevues semi-structurées individuelles où la relation à leur substance a été abordée. Lors des entrevues, les sujets ont démontré de faibles capacités de symbolisation, des symptômes alexithymiques, un sentiment de vide narcissique et une propension à la décharge affective. Ces consommateurs présentent des débordements émotifs et l'effet apaisant et régulateur de la substance et sa capacité de couper de l'affect sont les fonctions principales recherchées dans la consommation. Les sujets présentent aussi un évitement actif de la pensée par la prise de substances psychoactives. Le vide narcissique décrit par les sujets semble aussi comblé par l'effet euphorique de la substance et le sentiment de contrôle qui s'installe dans la relation. Le modèle théorique proposé expose aussi une compréhension du phénomène en dressant certains parallèles avec les théories psychosomatiques avancées par McDougall (1989, 2002, 2004) et Pirlot (2002, 2012, 2013), proposant que le corps est utilisé comme objet d'investissement dans le rituel du toxicomane, afin d'expulser l'affect de la psyché. La toxicomanie est, par contre, conceptualisée comme ayant une nature distincte de la psychosomatisation, par l'importance d'un objet tiers qu'est la substance et par la fonction de la relation avec celle-ci. Une réflexion clinique visant à améliorer les processus de soins est aussi proposée. Elle s'appuie sur les résultats présentés et met à l'avant-plan l'importance de l'utilisation de l'objet (Winnicott, 1969), qu'est le thérapeute avec ses propres fonctions de contenance et de symbolisation. Nous introduisons aussi l'idée du médium malléable (Roussillon, 2001) comme un concept clé de la clinique avec les toxicomanes carencés sur le plan de la symbolisation et de la contenance. ______________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : drogue, toxicomanie, addiction, relation, symbolisation, acting-out, psychologie clinique, psychanalyse, économie psychique, dépendance

Type: Thèse ou essai doctoral accepté ()
Informations complémentaires: Le mémoire a été numérisé tel que transmis par l'auteur.
Directeur de thèse: Brunet, Louis
Mots-clés ou Sujets: Toxicomanie -- Aspect psychologique / Toxicomanes / Psychotropes / Relation d'objet (Psychanalyse)
Unité d'appartenance: Faculté des sciences humaines > Département de psychologie
Déposé par: Service des bibliothèques
Date de dépôt: 17 févr. 2017 19:17
Dernière modification: 17 févr. 2017 19:17
Adresse URL : http://www.archipel.uqam.ca/id/eprint/9346

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