La laïcisation en Algérie postcoloniale : de la loi de 1905 aux réformes constitutionnelles de 2008

Benhadjoudja, Leïla (2011). « La laïcisation en Algérie postcoloniale : de la loi de 1905 aux réformes constitutionnelles de 2008 » Mémoire. Montréal (Québec, Canada), Université du Québec à Montréal, Maîtrise en sociologie.

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Résumé

Ce mémoire porte sur le processus de laïcisation en Algérie depuis son indépendance en 1962 jusqu'aux révisions constitutionnelles de 2008. En prologue, nous nous sommes d'abord intéressée au traitement de l'islam par l'État colonial français depuis 1830. Nous avons pu voir comment l'État gallican français a établi des politiques religieuses coloniales en institutionnalisant le culte musulman, en règlementant le pèlerinage et en édifiant un statut personnel propre aux musulmans. La loi de 1905, votée et appliquée en métropole, n'a pas été appliquée en Algérie, décision motivée par les visées colonialistes. Un de nos objectifs était de comprendre l'impact du colonialisme sur le processus de laïcisation, à travers les modalités de contrôle colonial. Pour la période de l'indépendance, nous avons analysé les quatre constitutions algériennes (1963, 1976, 1989 et 1996). La constitution, en démocratie, est la norme suprême qui définit les droits et libertés fondamentaux. Notre analyse s'est basée sur une grille qui reprenait les quatre principes de la laïcité tels que définis par Milot (2008) qui sont : la neutralité de l'État, le principe de la séparation des organisations religieuses et les principes de la liberté de conscience et de religion et l'égalité de traitement. Notre objectif principal était de voir si certains principes de la laïcité, de façon directe ou par extension, se retrouvaient dans les textes constitutionnels. Notre analyse des textes atteste que l'islam est déclaré comme religion officielle dans tous les textes constitutionnels. Cependant, malgré cette confessionnalité d'État, qui est la négation du premier principe de la laïcité, les textes constitutionnels reconnaissent une certaine liberté de conscience et de religion et des normes relatives à l'égalité de traitement entre les groupes religieux. Les constitutions de 1963 et de 1976 ne permettent aucune liberté aux organisations religieuses alors que les constitutions de 1989 et de 1996 assurent une certaine séparation des organisations religieuses, par la liberté d'association. Cependant, cette liberté est limitée par le monopole de l'État en la matière. D'un point de vue strict des textes constitutionnels, la laïcisation de l'Algérie a connu une pente faiblement positive. Cependant, nous avons poussé notre analyse du cas algérien en choisissant d'autres indicateurs qui sont des indices des avancées et/ou des reculs de la laïcisation. Notre réflexion révèle que certaines politiques de l'État, le Code de la famille et d'autres lois ordinaires s'avèrent anticonstitutionnels. De plus, nous constatons que l'État algérien a été un État gallican (comme l'État colonial) et qu'il a fait reculer le processus de laïcisation en limitant le droit des femmes, des minorités religieuses, et en criminalisant l'homosexualité et l'avortement. ______________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : Algérie, islam, laïcité, laïcisation.

Type: Mémoire accepté
Informations complémentaires: Le mémoire a été numérisé tel que transmis par l'auteur.
Directeur de thèse: Milot, Micheline
Mots-clés ou Sujets: Sécularisation -- Algérie -- Histoire -- 20e siècle / Laïcité / Islam et État / Colonies
Unité d'appartenance: Faculté des sciences humaines > Département de sociologie
Déposé par: Service des bibliothèques
Date de dépôt: 31 mars 2017 13:17
Dernière modification: 30 août 2017 10:43
Adresse URL : http://www.archipel.uqam.ca/id/eprint/9511

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