La mer amère de la mère : présence et mouvements de l'infantile dans L'Océantume de Réjean Ducharme

Blémur, Bienné (2017). « La mer amère de la mère : présence et mouvements de l'infantile dans L'Océantume de Réjean Ducharme » Mémoire. Montréal (Québec, Canada), Université du Québec à Montréal, Maîtrise en études littéraires.

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Résumé

Bien qu'il soit le premier roman que Réjean Ducharme ait écrit, L'Océantume est publié en troisième lieu après L'avalée des avalés et Le nez qui voque. À sa publication, il vient ainsi sceller le premier cycle d'écriture de l'auteur. Aussi, la mère est au cœur de cette écriture, figure quasi mythique à la fois objet de désir et de répulsion. Dès lors, le jeu avec la langue, sur la langue, de la langue, convoquant calembours, répétitions, rimes, assonances, proverbes, etc., travaille le texte d'un bout à l'autre. Or, cette propension à jouer de la langue, de sa plasticité, de sa matérialité, est un trait caractéristique de l'enfance et une disposition de tout enfant qui perçoit d'abord la langue comme une chose de la mère. En cela, elle est un caractère indéniable de ce qu'il est convenu d'appeler l'infantile au même titre que les motions de plaisir que sont voler, courir, sauter, creuser des trous, imaginer, inventer, construire, détruire, transgresser, chercher, etc., toutes ces activités que la narratrice de L'Océantume, âgée de dix ans, Iode Ssouvie, accomplit à répétition. Nous analysons, dans ce mémoire, les enjeux textuels constituant ce registre de l'infantile, tenant compte du fait que, dans le cadre d'une approche psychanalytique d'un texte littéraire, l'infantile, tel que nous l'entendons, n'est pas un thème, mais bien une forme particulière de l'énonciation. Pour ce faire, nous faisons d'abord brièvement un état des lieux de l'énonciation afin de cadrer le statut infantile de cette texture ducharmienne. Puis, nous examinons plus particulièrement la place, la nature et la fonction de la figure de la mère dans L'Océantume, c'est-à-dire la question du rapport ambivalent qu'entretient la narratrice, Iode Ssouvie, avec le monde qui l'entoure dans la mesure où ce rapport est une projection de celui qu'elle entretient avec sa propre mère. Nous abordons donc la notion d'ambivalence. Dans un deuxième temps, nous analysons les rapports que Iode entretient avec la langue maternelle à travers la nomination, l'intertextualité et le jeu sous toutes ses formes. Finalement, nous analysons en les décrivant le rythme, les retours, les répétitions, et les caractéristiques qui en ressortent au regard de la théorie des pulsions. Nous nous attachons à comprendre en quoi consiste la nature des motions pulsionnelles qui circulent dans le texte et dont les personnages sont, en définitive, les représentants. À cet égard, nous approfondissons le rapport de ces motions à la Loi (interdit de l'inceste), ainsi que la nature et la fonction de l'agressivité latente ou exprimée dans le texte. En dernière analyse, nous montrons que la poétique de L'Océantume entretient des rapports avec le masochisme, notion complexe élaborée par la psychanalyse dont nous essayons de dégager les enjeux de manière à éclairer d'une façon peut-être nouvelle l'écriture ducharmienne. ______________________________________________________________________________ MOTS-CLÉS DE L’AUTEUR : L'Océantume, Réjean Ducharme, Infantile, Pulsions, Langue maternelle, Jeu

Type: Mémoire accepté
Informations complémentaires: Le mémoire a été numérisé tel que transmis par l'auteur.
Directeur de thèse: Cliche, Anne Élaine
Mots-clés ou Sujets: Réjean Ducharme / Océantume / Moi Enfant dans la littérature / Enfance dans la littérature / Mères dans la littérature / Pulsions dans la littérature / Langue maternelle / Jeu
Unité d'appartenance: Faculté des arts > Département d'études littéraires
Déposé par: Service des bibliothèques
Date de dépôt: 09 juin 2017 10:56
Dernière modification: 09 juin 2017 10:56
Adresse URL : http://www.archipel.uqam.ca/id/eprint/9767

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